Le blog hors-norme au style inimitable de Gilles Gras, de quoi lire et se perdre au gré des informations et des découvertes plante après plante évoquée… mais pas que !

Les personnes qui me connaissent savent ma passion pour l’ethnobotanique (soit le rapport des hommes aux plantes) ainsi que pour l’aromathérapie.
Il y a environ 2 ans, sur les conseils de mon ami Ulrich De Greef, je suis allé sur le blog de Gilles Gras, « Books of Dante ».
Gilles est un passionné et un érudit sur ces domaines.
Les nombreux articles qu’il nous offre sont d’une richesse et d’une clarté sans égal, de même que ses ouvrages, disponibles sur son site pour la plupart.
Botanique, chamanisme et paganisme sont les sujets les plus abordés sur son site. L’aromathérapie y tiens une place également importante.
C’est donc un honneur pour moi, de présenter mon premier article pour notre blog avec une interview de Gilles Gras.

  • Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Qui êtes-vous Gilles ?

    Qui est Gilles Gras ? Gilles Gras est un autodidacte empirique. Il n’appartient à aucune école et n’en détient aucun diplôme. C’est un électron aussi libre qu’il lui est autorisé de l’être.
    Si l’on épluchait mes bagages scolaires, on se rendrait compte qu’il ne s’y trouve rien qui explique mes activités présentes. Il m’apparaît davantage que cela se justifie dans une sorte d’hérédité, d’identité intrinsèque…

    La société au sens large, par le biais de multiples et diverses pressions, dirige parfois l’individu dans des voies qu’il ne se serait pas « choisies » si on l’avait laissé librement opter pour tel ou tel cheminement. Aussi, dans ces cas, au prix d’une rupture parfois brutale, ces individus renaissent à une autre réalité et, après des pérégrinations plus ou moins tortueuses, ils parviennent à accéder à quelque chose pour lequel ils s’avèrent être de véritables poissons dans l’eau.

    Aujourd’hui, en ce qui me concerne, écrire des livres, c’est avoir dépassé depuis plusieurs années déjà un vieux rêve qui m’a accompagné durant des décennies. Il ne faut pas prendre à la légère l’aisance et la facilité avec lesquelles nous nous voyons faire des choses en rêve : si nous excellons en tel domaine en rêve, pourquoi serions-nous dénués de cette facilité dans la vie réelle ?

    Après ces longues circonvolutions, disons, pour faire simple, que j’écris des articles et des livres dont le sujet central s’avère être (presque) toujours l’histoire des plantes à travers leurs différentes relations à l’homme.
Difficile d’écrire une légende pour la photo d’un passionné de légendes, un peu légendaire lui-même…
  • Sur votre blog, vous présentez les plantes sous tous leurs aspects (culturel, spirituel, médicinal…). Comment vous est venue cette passion pour la botanique « holistique » ?

    Avant même de créer mon blog en 2012, je me suis fait la main sur différents forums dont l’orientation « ésotérisme et bien-être » m’a permis de pouvoir insérer diverses choses çà et là, tout en ayant le sentiment – bien réel ! – de ne pas être complètement libre du fond de ma pensée. Ces espaces d’échange peuvent parfois être très carcéraux, et moi, si l’on veut me conserver auprès de soi, mieux vaut ne pas me mettre en cage.

    A force, ce sur quoi j’ai bloqué, c’est cette séparation manifeste et tout à fait artificielle (intellectuellement parlant) entre des savoirs qui portent sur un même objet : en effet, pourquoi ne pas vouloir faire tenir ensemble des données portant sur les usages magiques de telle plante avec ce que l’on sait de ses usages en médecine ? Cette séparation n’est pas naturelle. Si l’on observe ce qui se faisait durant l’Antiquité gréco-romaine, on se rend compte que magie et médecine étaient proches l’une de l’autre, sinon confondues. Je ne crois pas que parcelliser et étiqueter les savoirs de cette manière soit bien pertinent, alors qu’il est tout à fait possible de les mêler au sein d’une même unité, harmonieusement. Cela n’empêche pas que le lecteur peut s’y retrouver, prélever dans tel article juste l’information qu’il lui est importante, y revenir plus tard, ou pas.

    Quand j’analyse plus finement les mots-clés de recherche que les usagers emploient pour parvenir jusqu’à mon blog, je constate bien qu’il y en a autant qui sont à la recherche de données thérapeutiques que magicospirituelles, voire énergétiques. En réalité, face à la séparation évidente des savoirs telle que voulue par certains acteurs des domaines considérés, il semble opportun de rappeler que le cerveau droit n’est en aucun cas distinctement isolé du cerveau gauche. De même que considérer séparément l’existence du féminin en relation avec le masculin et vice-versa, représente une aberration. Je ne sais pas. Il semblerait que nous soyons dans une société qui ségrégue. On parque ici et là, on colle des panneaux pour mieux s’y retrouver. Mais moi, je ne m’y retrouve pas du tout dans cette « bureaucratie intellectuelle ».

    Les expériences personnellement vécues sur la question d’un certain ordonnancement rigidifié du savoir, ont été pour moi une sorte de goutte d’eau face à laquelle je me suis insurgé. La manière d’aborder toutes ces connaissances relatives aux plantes sur ces forum ne me convenant pas, j’ai donc décidé d’abandonner cette façon consensuelle d’écrire, et ces forums dans le même temps. De cette volonté (pas toujours clairement affichée) de museler les contenus des membres de ces espaces d’échange, une frustration est née. C’est grâce à elle que, parallèlement à mon rôle de modérateur, j’ai poursuivi l’écriture selon un mode très différent, afin de publier ces contenus sur une interface où on ne risquerait pas de venir piétiner mes plates-bandes, à savoir mon blog. Cela à l’air de marcher, puisque, à ce jour, on y compte moins de commentaires que d’articles (rires).

    Ainsi, concentrer mon intérêt sur plusieurs dimensions, cela me permet d’accorder beaucoup plus d’attention à un plus grand nombre de plantes. Personnellement, j’ai de très heureux souvenirs de la rédaction d’articles parus cette année sur mon blog : mon article sur le lilas, ou cet autre sur l’huile essentielle de niaouli, par exemple. J’ai aussi remarqué que j’y injecte de plus en plus de moi, dans ces articles. C’est un fait. J’y reviendrai un peu plus loin.

    Au contraire, analyser les plantes uniquement sous le filtre thérapeutique, par exemple, éliminerait certains apports dans lesquels, peut-être, y a-t-il quelques pistes à explorer : toutes les plantes sont utiles à leur manière. Si une telle n’a pas donné, à force d’expériences, toute la mesure de ses capacités thérapeutiques, c’est donc qu’il faut chercher ailleurs, et éprouver le domaine dans lequel elle excelle et qui n’a pas encore été découvert. Stimulant, non ? C’est une attitude beaucoup plus louable et respectueuse, que de rejeter la plante parce qu’elle n’a pas répondu aux attentes qu’on a placées en elle.

    C’est salvateur de se libérer de tels carcans…

  • Que pensez-vous du renouveau actuel de l’aromathérapie ?

    Essentiellement du bien. J’aurais tort de maugréer devant un tel engouement, face auquel on peut, néanmoins, émettre quelques réserves.

    C’est évident que je vois d’un meilleur œil l’attrait pour les huiles essentielles : qu’est-il, en effet, de mieux, que de consommer ces produits plutôt que ces substances chimiques et mortifères que sont les médicaments allopathiques ? Certains d’entre eux sont utiles, mais pas tous, il y a pléthore de choses inutiles dans le lot, dont la raison d’être n’est pas autre chose que la recherche du profit. Le risque que cette dimension financière s’applique au monde de l’aromathérapie existe bel et bien, malheureusement. C’est déjà le cas, je crois.

    Aussi ne suis-je pas le partisan de toutes les formes d’aromathérapie. Je préconise donc l’emploi des produits issus de cueillettes sauvages réglementées et de cultures biologiques, garantie suffisante pour une qualité nécessaire. En France, il existe aujourd’hui bien des récoltants qui sont aussi distillateurs, œuvrant dans de petites exploitations et produisant des huiles essentielles de qualité bien supérieure à ce que l’on peut parfois trouver dans de gros magasins qui vendent, à des prix défiants toute concurrence, des choses que je ne confierai qu’à grand peine à mes toilettes tant elles sont immondes.

    Et c’est là qu’on peut parler du respect. Celui de la plante, de sa culture, de sa récolte, de sa distillation ; il est alors là question de toute cette connivence parfois implicite qui s’instaure entre une plante donnée et un cultivateur/distillateur. On ne peut pas décemment imaginer obtenir un beau produit si on maltraite dès le départ la plante qui en permet l’obtention. C’est une règle première qui m’apparaît évidente.

    Secundo, et cela s’adresse au consommateur, il en va aussi de son propre respect, à lui. Respecter l’huile essentielle, qu’est-ce que ça veut dire ? Cela signifie qu’on en usera avec parcimonie et circonspection ; on évitera de l’utiliser quand il n’y a nul besoin ; on fera en sorte d’opter pour une hygiène de vie qui n’amène pas nécessairement l’usage des huiles essentielles tout le temps et pour n’importe quoi. Autrement dit, on respecte l’huile essentielle en ne faisant pas avec elle ce que d’autres font encore avec les médicaments chimiothérapeutiques, en dégainant leurs comprimés d’advil ou d’efferalgan pour un oui pour un non.

    L’accès sincère et véritable au monde de l’aromathérapie doit se passer, selon moi, de cette attitude malsaine. Et il est autorisé de penser que les personnes qui se tiennent à l’entrée d’un tel monde et qui souhaitent le découvrir font déjà preuve d’une curiosité qui ne se réduit pas qu’à la recherche d’une hypothétique panacée. Mais les erreurs d’aiguillage sont possibles : j’ai rencontré des personnes qui, d’après moi, font tort à l’aromathérapie parce qu’elles se positionnent selon une attitude discordante, c’est-à-dire qu’elles maltraitent les huiles essentielles, leur font des reproches quand elles ne « fonctionnent » pas avec elles, etc. Cela en dit long sur la fréquence d’accordage qui n’existe pas (ou si peu) entre ces personnes et les huiles essentielles en général. C’est d’ailleurs un point qui va me mener à répondre à la question suivante.
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  • Vous faites souvent allusion sur votre blog aux vertus énergétiques des huiles essentielles. Vous « ressentez » leur influence sur les chakras entre autres. Pensez-vous que toute personne est potentiellement réceptive à ces vertus ?

    Potentiellement ? Oui. Dans les faits, c’est autre chose. Et la question mérite qu’on s’y penche un peu tout de même.

    Tout ce qui vit, tout ce qui est issu du vivant, est habité par une énergie qui lui est propre. Vous, moi, etc. Les plantes aussi. Ainsi que les huiles essentielles qu’on tire d’un petit nombre d’entre elles. Pour utiliser une terminologie plus précise, l’on peut dire que les huiles essentielles vibrent selon une certaine longueur d’onde. Nous autres humains avons la chance de savoir que des centres énergétiques prennent place à divers endroits du corps.

    L’on connaît plus exactement les sept chakras principaux, qui filent du sommet du crâne jusqu’au coccyx. Chacun d’eux est caractérisé par une couleur. Et ces couleurs vibrent de manière différente : par exemple, le violet vibre plus rapidement que le rouge, ce qui signifie que les vibrations propres au chakra de la couronne (violet) s’agitent plus rapidement que celles du chakra racine (rouge). Dans le règne végétal, il en va de même : des plantes produisent plusieurs huiles essentielles. Ces huiles aux parfums, couleurs, compositions biochimiques, etc. diffèrent les unes des autres par quelque chose qu’on ne voit pas au prime abord : leur aura. C’est-à-dire que chaque huile essentielle dégage une énergie subtile et colorée qui lui est propre.

    Ainsi, il existe des huiles aux couleurs d’aura multiples, d’autres qui sont monochromes ; d’autres encore se caractérisent pas une couleur d’aura plus claire ou plus foncée, plus diffuse ou plus ramassée sur elle-même, etc. C’est là une forme de signature dont on peut dire qu’elle identifie énergétiquement une huile essentielle.

    Or, nous autres, nous sommes également identifiables par cette signature, à la différence près que notre aura, dans ses couleurs, son apparence, sa forme, sa densité, etc. change au gré des événements qui entrent en interaction avec elle (et donc nous). Parfois, les perturbations ne sont que ponctuelles, de même qu’un caillou qui tombe dans l’eau et forme à sa surface des remous concentriques qui finissent par s’apaiser et mourir. A d’autres, la perturbation, parce qu’on est chroniquement exposé à une source malheureuse, insinue dans l’organisme, corps et esprit, les conséquences désastreuses de cette exposition. Ces « écarts-à-la-moyenne », quand ils sont identifiables et diagnostiqués comme tels, peuvent ensuite être corrigés grâce à l’emploi de diverses méthodes : la lithothérapie, la chromothérapie et, bien sûr, l’aromathérapie.

    Je dis assez souvent que la perle n’est jamais bien loin du dragon, c’est-à-dire que le remède se trouve à proximité du problème. De manière instinctive, l’être humain, qui est programmé pour rester en vie, se tourne préférablement vers ce qui lui procure une satisfaction et un sentiment de bien-être.

    Les huiles essentielles, au-delà même de leurs actions sur la matière proprement dite du corps, peuvent agir sur la psyché, et donc sur l’esprit, et l’énergie qui y règne et y circule, responsable de toute forme de vie digne de ce nom. En ce sens, assez souvent, on se trouve placé en situation de recevoir les bons effluves de tel ou tel remède, lequel vient à point nommé pour rétablir un équilibre qui n’est jamais autre chose que de chercher à marcher sur un fil suspendu au-dessus d’un précipice (qui n’existe pas toujours, et si tel est le cas, il n’est pas bien profond). L’on corrige donc les creux et les bosses afin de rendre le terrain plus carrossable, n’est-ce pas ?

    C’est ainsi que certaines huiles essentielles en des moments T donnés sont capables d’épouser la souffrance d’un être humain, parce que, entre elles et lui, il y a un écho, qui peut même s’apparenter à quelque chose de bien plus éloquent : une communication. On peut parfois même parler de communion, tant cela peut tenir du sacré et du divin.

    Telle huile va entrer en résonance avec tel chakra, de même qu’une goutte d’eau va dilater une mousse rousse toute racornie, c’est-à-dire qu’il y aura alors adéquation entre ce que l’huile essentielle apporte et ce que demande ce chakra en souffrance, qui finira par reprendre son souffle, jusqu’à ce que la personne concernée n’ait plus besoin de cette huile essentielle qui, au passage, lui aura permis d’accéder à un nouvel état d’être (ou, du moins, une fraction, ce qui n’est déjà pas si mal).

    Je pense que, consciemment ou pas, l’être humain est tout à fait capable de tirer parti de l’aromathérapie d’un point de vue énergétique, bien qu’il existe au moins deux écueils que j’ai rencontrés et que je vais exposer succinctement. Le premier, c’est l’incompatibilité entre une huile essentielle et une personne. En aromathérapie, il est raisonnable de ne rien systématiser.

    Par exemple, sur la question des maux de tête, si l’on pense directement à l’huile essentielle de menthe poivrée, l’on oublie que d’autres huiles peuvent jouer ce rôle, certes de manière différente, mais néanmoins efficace : la lavande fine, la matricaire, etc. A un même mal, plusieurs remèdes disponibles. Ainsi, il incombe à chaque personne de trouver ce qui lui convient de mieux pour elle.

    Cela fonctionne à l’identique d’un point de vue énergétique : par exemple, l’huile essentielle de romarin officinal à verbénone est particulièrement active sur le chakra du plexus solaire. Il en va de même de l’huile essentielle d’oliban (le carterii), bien que cette dernière agisse de manière plus indirecte. Ce qu’il faut donc rechercher, c’est la bonne clé pour la bonne serrure au moment adéquat.

    Ainsi, parfois, un remède s’avère non efficace chez telle ou telle personne, tout simplement parce qu’il ne s’adapte pas à la situation. Ce premier écueil, l’on pourrait dire qu’on s’y échoue à force d’ignorance. Le second que j’ai repéré tient davantage à l’attitude qu’on peut adopter face à une huile essentielle. Pour peu qu’on soit pédant, irrespectueux, borné, ou que sais-je encore, il y a de forte chance pour que le résultat ne se fasse jamais jour.

    Parce que s’il est avéré qu’on peut éprouver de la répugnance pour une huile essentielle, il est tout à fait exact que certaines huiles essentielles répugnent à entrer en contact avec telle ou telle personne. Elles font le mort ! C’est pour cela que je dis qu’il ne faut rien systématiser à outrance en aromathérapie, les résultats attendus n’étant pas toujours à la hauteur des espérances pour des raisons qui, parfois, nous échappent.

  • Quels sont vos projets (livres, conférences…) ?

    Il y en a quelques-uns, de projets. Mais de conférence, non. Moi debout qui cause face à une multitude assise (pas des centaines de personnes non plus, une poignée d’âmes) qui écoute, non, très peu pour moi. Après, on peut dire que l’un de mes livres face à l’ensemble de ses lecteurs, c’est un peu pareil. Juste un peu, alors. Si jamais un jour je devais mettre en place des « conférences », ce serait davantage sous la forme d’atelier, quelque chose d’interactif.

    J’ai été prof avec des élèves de primaire, c’est une forme de dispositif qui fonctionne bien. Bref. Passons à la partie livresque. A l’heure actuelle, je travaille sur deux livres différents. L’un est bien avancé, mais je ne sais trop où je vais avec lui. L’autre, tout au contraire, est bien balisé, mais il avance à pas de fourmis. Il y a, en plus de cela, d’autres choses qui se sont greffées à ces deux projets préexistants, à savoir : alors que j’avais dans l’idée d’élaborer un gros tome dédié à la phytothérapie, voilà-t-il pas qu’une lectrice du blog m’a suggéré, comme ça : à quand la réunion de tout ce travail en aromathérapie en un seul et même bouquin ? Ah ah ! C’est un peu – juste un peu – l’objet de mon tout premier bouquin, ma foi, fort imparfait.

    Donc, voilà, il y a, en plus des travaux en cours d’écriture, ces deux tâches de fond que sont l’élaboration d’un tome phyto et d’un autre aroma. Des gros trucs, je veux dire, ça pourrait atteindre, pour chacun, 500 ou 600 pages. Après, on ne se cache pas qu’il existe pléthore d’autres bouquins qui frayent dans la même zone. D’où la nécessité de proposer quelque chose de neuf, comme ce que l’on peut trouver dans tous mes bouquins, à l’exclusion du tout premier.

    Après, pour m’évader et parler d’autre chose, d’autres idées viennent de poindre en mon esprit très récemment. L’idée d’écrire un petit livre sur ce que l’on appelle les succédanés m’intéresse bien. On y trouverait toutes ces plantes fort utiles qu’on ne croise que rarement dans l’encyclopédie machinchose parue chez tel éditeur. Vous voyez ? Rendre hommage à toutes ces plantes dites de seconde zone me plaît énormément.

    Enfin, il m’apparaît, de façon de plus en plus criante, qu’il m’est nécessaire – est-ce une forme de catharsis ? – de me pencher sur une plante, une seule, à laquelle je pense que je dois tout : la lavande ! Parce que, là-bas, dans la Drôme provençale comme on dit aujourd’hui (moi, j’appelle ça les Baronnies), mes grands-parents, qui faisaient dans la polyculture, m’apprirent à bouturer le lavandin (l’abrial, je crois) et la lavande fine, puis à les repiquer, enfin à partir en récolte.

    A l’époque, on faisait tout à la faucille (j’ai d’ailleurs toujours en ma possession la faucille que j’utilisais à mes 10-12 ans et qui me vient de mon arrière-grand-père). Puis nous andainions, et, enfin distillions. A cette époque, et même avant, chaque ferme possédait son propre alambic. De l’un à l’autre, la conception changeait bien un peu, certains vinrent à exploser, etc.

    Bref, ce ne sont pas forcément uniquement ces souvenirs que je souhaite rendre dans cet ouvrage hypothétique (même si je sais qu’un grand nombre d’entre eux viendront l’étayer). D’autres que moi s’y sont essayés, de belle manière je puis dire. Aujourd’hui, nous n’arrêtons pas de parler de lavande en aromathérapie. De la fine et de l’aspic surtout. Puis des lavandins, enfin de la stoechade. Il n’en a pas toujours été ainsi. Au XIX ème siècle, en France, la lavande fine, on s’en moque un peu, celle qui prévaut, c’est l’aspic. D’autres auteurs préfèrent la lavande cultivée en Angleterre, regardant la lavande provençale comme un produit des plus barbares, etc.

    Je me rends bien compte à quel point ces plantes comptent pour moi, en ce sens qu’elles apparaissent au commencement de tout pour moi. Je me répète, je sais. J’enfonce le clou. Et constate que, au final, je n’ai pas dit le tiers de ce que cette ultime question attendait comme réponse ! Parce qu’il ne s’agissait là que du premier tiers !

    Le deuxième tient en ceci : j’ai constaté, à force de travaux et de recherches, que je ne disposais pas toujours des sources voulues pour la rédaction de tel ou tel article ou livre. Il existe de très nombreuses sources, dont certaines sont, non seulement pour moi mais pour d’autres personnes, dignes du plus haut intérêt. Malheureusement, on ne les trouve plus éditées depuis belle lurette. Seuls persistent, çà et là, des exemplaires d’occasion proposés à prix d’or. Oh, pas toujours, des fois à prix d’argent ou de bronze, mais ça reste encore trop élevé.

    J’ai donc pour projet parallèle à mes propres travaux d’écriture, d’exhumer un certain nombre de travaux anciens, que je souhaite éditer à nouveaux, afin de les rafraîchir, de les augmenter même, en les annotant et en les commentant si nécessaire. J’ai, à l’heure où je vous parle, 5 à 6 de ces ouvrages sur lesquels je travaille.

    Cela me mène maintenant au dernier tiers, qui consiste en ceci : j’ai l’intention, afin de réunir les activités propres aux premiers et deuxièmes tiers, de créer une structure éditoriale à but associatif.
    Je n’appelle pas ça une maison, tant elle serait petite, mais une cabane. Oui, une cabane d’éditions. Rigolo, non ?

Je vous invite bien évidemment à visiter le site internet de Gilles Gras, ou vous trouverez de nombreux articles ainsi que ses ouvrages, tous passionnants : https://booksofdante.wordpress.com

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